Epidémiologie et facteurs de risques

Le cancer de l'œsophage est une tumeur maligne qui se développe dans les cellules de la paroi de l'œsophage. En 2020, l'OMS a estimé environ 572 000 nouveaux cas dans le monde. Il est plus fréquent chez les hommes que chez les femmes et survient le plus souvent chez les personnes de plus de 50 ans.

Les principaux facteurs de risques comprennent le tabagisme, la consommation excessive d'alcool, la présence de reflux gastro-œsophagien (RGO), l'obésité, et des troubles précancéreux tels que la maladie de Barrett.

On distingue deux types de cancer de l’œsophage qui se développe à partir de la muqueuse de l’œsophage : l’adénocarcinome oesophagien (qui est le plus souvent en lien avec un reflux oeso-gastrique ou un œsophage de Barrett) et le carcinome épidermoïde (se développant plus sur un terrain alcoolo-tabagique).

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Rappels anatomiques

L’œsophage est un organe du tractus digestif menant les aliments de la bouche à l’estomac. De fait, il traverse le cou et le thorax et a un lien étroit avec les structures aériennes.

Bilan d'extension

Au diagnostic de cancer de l’oesophage, on réalise un bilan d’extension qui permet de déterminer le stade de la pathologie, les thérapeutiques les plus adaptées et d’éventuelles atteintes associées. Le plus souvent, le cancer de l’œsophage est découvert lors d’une fibroscopie pour dysphagie ou lors du suivi pour une lésion précancéreuse.

Pour le cancer de l’oesophage, le bilan comprend : 

  • un scanner thoraco-abdomino-pelvien : cette imagerie permet de repérer d’éventuelles lésions secondaires (ou métastases) au niveau des poumons ou du foie. Elle constitue parallèlement un premier bilan d’atteinte vasculaire de la lésion,
  • une écho-endoscopie oesophagienne qui permet de réaliser un bilan de l’atteinte ganglionnaire et du niveau de la lésion par rapport aux voies respiratoires.
  • +/- une IRM hépatique à la recherche de lésions,
  • +/- une coelioscopie exploratrice afin d’éliminer une éventuelle carcinose,
  • +/- un TEP TDM,
  • +/-  dans le cadre du carcinome épidermoïde, une panendoscopie ORL et bronchique, à la recherche d’une seconde néoplasie associée.
chimiotherapie

Les différents traitements

Les traitements sont proposés et mis en route au décours de la présentation en RCP et après accord du patient.

Le traitement diffère en fonction du type de cancer et de la localisation et du stade du cancer.

Pour les lésions les plus précoces et dans certaines conditions spécifiques, le traitement endoscopique (la résection/thermoablation lors d’une fibroscopie) peut être suffisant.

Dans le cadre des lésions épidermoïdes localement avancées, l’association d’une chimiothérapie et d’une radiothérapie est souvent proposée. La chirurgie garde une place en cas d’objectif curatif, chez des patients en bonne condition physique.

Dans le cadre des adénocarcinomes localement avancées, on peut proposer une chimiothérapie d’induction afin de mener à une chirurgie dont l’objectif est curatif.

La chirurgie reste une intervention lourde. L’oesophagectomie consiste en l’ablation au moins partielle de l’œsophage, avec reconstruction à l’aide de l’estomac. Les interventions les plus réalisées sont l’intervention de Lewis Santi et celle de Mc Keown. Elles imposent une préparation respiratoire avant l’intervention ainsi qu’un bon état nutritionnel.

Dans les formes non-curables et au décours d’une évaluation, une association chimiothérapie / immunothérapie peut être proposée.